la forme

Voilà une liste de propositions pour accroître l’éloquence de l’apprenti fayot, et qui lui permettra de se faire bien voir.















Remplacer des expressions du quotidien par leur équivalent en latin comme si de rien n’était. Exemple : in fine (finalement), ab initio (depuis le début), ab ovo (depuis l’oeuf), qui bono (à quoi bon?), de facto (de fait)…


Employer des verbes précis et variés, et bannir les verbes “faire”, “avoir” et “être”. S’aider de dictionnaires de synonymes au début.


Dire “cela” plutôt que “ça” (prononcer “sla”).


S’habituer à bien parler plutôt que de se prêter à l’exercice uniquement quand on veut briller car il faut s’accoutumer à toutes ces règles, se sentir à l’aise avec ses nouveaux copains mots. Il ne s’agit pas de feindre de bien parler, mais de le faire, en effet.


Éviter de dire “nous” au lieu de “on” et “car” au lieu de “parce que”. C’est caricatural.


Abuser éhontément des expressions vieillies. Exemples : “c’est fort de café !”, “à la va-comme-je-te-pousse”, “au diable”… Des exemples de haute voltige se trouvent en Section le génie humain.


Assumer les bigoteries. Les gens aiment ceux qui les flattent, c’est immédiat, spontané et universel. Dites à la personne face à vous que vous aimez ses godasses.


Laisser de la place au doute. Même (surtout?) quand on est sûr, dire plutôt “je pense”, “je crois”, “je suppose”, “sans doute”, “plutôt”. On a l’air plus sage.


Ne pas lésiner sur les liaisons forcées. « il esT **pause** primordial de réfléchir ce problème sous cet angle ».


S’efforcer, autant que possible, à n’intervenir dans la conversation que pour la faire avancer ou pour lancer une blague. Une fois la parole acquise, faire concis. Les interventions doivent être rares et brillantes.


Laisser sonner des silences (blancs) dans la phrase en cours, pour alourdir son sens et faire mine de peser ses mots.


À bannirRemplacement
malgré le fait quebien que
heeuuuuuuet bieeeeen
putain !bon sang !
à la base / de baseinitialement / à l’origine

Ne snober personne et se rendre accessible. On a la grosse tête mais on ne le montre pas.


Ne pas partager l’addition : inviter ou se faire inviter. Mais partager l’addition est d’un vulgaire déconcertant.